Le pas de côté ou l’éloge de la lucidité

Dessins d'empreintes de pieds nus sur le sol avec une nœud papillon rouge

La pratique du management nous conforte dans le constat que ce qui est facile se pratique aisément; à savoir l’engagement sans failles sur un projet à court terme : c’est l’image du « nez sur le guidon »…métaphore cycliste qui évoque plus l’arrivée poussive en haut d’un col hors catégorie qu’un sprint massif où l’on doit pédaler aussi avec sa tête!

En clair, on est nombreux à s’investir sur le court terme, le projet chaud du moment, le délai incompressible à respecter. C’est un constat. Une sorte de facilité, une commodité à se porter instinctivement sur l’urgence, quitte à qualifier de tel tout projet. Une forme de crainte collective pour le long terme semble caractériser les faits incertains, perturbateurs de la pensée « unique » ou « univoque ». Le pas de côté n’est ni le pas en avant ni le pas en arrière. C’est un pas chassé… Il met l’acteur en situation de changer son regard sur les faits.
Au même moment, d’autres prônent le recul pour prendre la bonne décision en tenant compte de tous les paramètres, internes ou externes. La distance prise sur les faits permet de ne pas s’emballer ni par excès d’optimisme, ni par excès de pessimisme.

Le pas de côté :

Souvent une réalité revêt plusieurs nuances de vrai, elle est une sorte de caméléon qui s’adapte à son environnement. Déceler les composantes souvent complexes de cette réalité peut placer le manager devant la difficulté de bien discerner. Faire un « pas de côté », c’est se mettre en décalé par rapport aux faits. C’est trouver un autre angle de vue qui permet une observation des faits plus distanciée. Cet écart peut aussi faciliter les échanges à froid et permettre de corriger la trajectoire. Il peut aussi tout simplement conforter le manager dans son choix et le renforcer dans la voie choisie pour son équipe. Le pas de côté ne signifie pas quitter le terrain, s’éloigner de l’action. C’est plutôt prendre un peu de hauteur pour avoir une vision à 360 degrés de la réalité. Cette attitude vaut le détour. Elle n’est guère chronophage et apporte réellement un confort dans la conduite des projets et des équipes. Elle favorise un supplément de lucidité, propice à la réussite collective.

Il ne s’agit pas d’un saut dans l’inconnu, ou d’une reculade de confort pour laisser passer la vague formée. Point de fuite devant les responsabilités; juste un changement de position pour mieux observer les faits, mieux cerner les enjeux, mieux discerner le jeu des protagonistes, mieux appréhender le projet dans son écosystème. Souvent ce pas de côté est également apprécié par les équipes mais aussi par les clients. Il signe un management mature, ouvert, responsable. Il aide à trouver la bonne distance dans son propre management et favorise les innovations.

En bref :

Les limites du court termisme apparaissent vite dès que l’on doit piloter des actions complexes, des équipes nomades, des finalités multiples. Le recours proposé à ce pas de côté déplace le champ de vision, offre de nouvelles perspectives et favorise la prise de recul salutaire. Il peut en résulter des modifications des plans d’action, des corrections à la marge ou plus substantielles. C’est la valeur ajoutée de ce pas de côté, pas si à côté de la réalité que ça! Pas étonnant que tous les bons coachs prônent cette sortie du cadre de référence qui filtre tous les messages afin de conférer stabilité et sécurité. Ce cadre auto sécurisé empêche l’adaptation au changement et freine la bonne perception des idées de ceux qui nous entourent. Le pas de côté crée cet espace ouvert qui permet le franchissement de bien des obstacles, dont la trop grande contemplation engendre la faiblesse.

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